alut à toi,

À 34 ans, je fais un choix qui peut sembler étrange. Après plusieurs années dans un métier que je maîtrise, je décide volontairement de redevenir débutant. Pas parce que j'y suis obligé. Parce que je pense que c'est le bon moment.

Concrètement, cela signifie apprendre l'automatisation des tests logiciels : construire des scripts, écrire du code de test, intégrer des pipelines de livraison. Un domaine que je côtoie depuis des années, mais que je n'ai jamais vraiment pratiqué de l'intérieur.

Je n'avais jamais vraiment expliqué pourquoi. "L'automatisation est l'avenir" : c'est la réponse simple. Elle est probablement vraie. Mais ce n'est pas ma vraie raison.

Je n'ai jamais vraiment suivi de plan

Quand je regarde mon parcours, je réalise que je n'ai jamais suivi un plan de carrière. Diplômé en génie mécanique, convaincu de travailler dans les énergies renouvelables. Quelques mois plus tard, je me formais au développement Java. Ensuite, presque par opportunité, je découvrais la qualité logicielle. Puis le freelance. Puis un voyage de neuf mois de Paris jusqu'à Bali, en train, bus et bateau (et un peu d’avion). Puis Vivi Tofu.

Aucune de ces étapes n'était prévue plusieurs années à l'avance. Et pourtant, elles racontent toutes la même histoire : j'ai essayé de rester curieux suffisamment longtemps pour que chaque expérience m'ouvre la suivante.

Ce qui m'a plu dans la QA, ce n'était pas les bugs

Quand j'ai commencé la QA en 2019, ce métier m'a immédiatement correspondu. Pas parce qu'il consistait à trouver des bugs, mais parce qu'il demandait de comprendre. Comprendre un produit. Comprendre les utilisateurs. Comprendre pourquoi un comportement est normal... ou pourquoi il ne l'est pas.

Ce qui me plaisait le plus n'était pas d'exécuter une liste de tests. C'était d'explorer un système, de poser des questions, de relier des informations que personne n'avait reliées. De résoudre des problèmes à la frontière entre la technique et le métier. Ce rôle m'a appris quelque chose que je n'aurais pas appris en restant développeur : regarder un produit avec les yeux de quelqu'un qui ne l'a pas construit.

Aujourd'hui encore, c'est ce qui me passionne.

Ce que les offres m'ont appris

Depuis plusieurs mois, je regarde les offres QA. Je vois apparaître les mêmes mots : Automation, API, CI/CD, Playwright, IA. Et une constante : ces postes sont très souvent full remote, bien plus que les profils fonctionnels. Petit à petit, je comprends que le métier que j'aime est en train d'évoluer. Et j'ai envie d'évoluer avec lui.

Ce n'est pas une décision prise sur un coup de tête ou par effet de mode. C'est une direction qui a du sens par rapport à tout ce que j'ai construit jusqu'ici : un background développeur, cinq ans de QA fonctionnel, et une vraie curiosité pour la partie technique que je n'ai jamais complètement éteinte.

Ce que j'ai construit depuis

Depuis la fin de ma dernière mission QA, je ne suis pas resté en attente d'un prochain contrat. J'ai pris le temps de construire Vivi Tofu, d'accompagner mes premiers clients sur la santé, les finances et le lieu de vie, et surtout de réfléchir à la suite. Aujourd'hui, cette réflexion débouche sur une décision très concrète.

Je ne veux pas quitter la QA, j'aime profondément ce métier. Je veux y ajouter une nouvelle dimension : construire des tests plutôt que seulement les concevoir. Mieux comprendre les pipelines de livraison. Être plus autonome techniquement. Et travailler en full remote depuis n'importe où, ce que les postes QA Automation permettent bien plus souvent que le fonctionnel.

Quant à Vivi Tofu : je continue. Les deux ne sont pas en concurrence. L'un m'apprend à structurer et livrer de la valeur en code. L'autre, en accompagnement humain. Ce sont deux expressions du même moteur.

Redevenir débutant, délibérément

Évidemment, ça implique une part d'inconfort. En QA, j'étais à l'aise. Je connaissais les systèmes, les parties fragiles, les questions à poser. Aujourd'hui, je redeviens débutant sur la partie technique. Je vais probablement passer du temps sur des problèmes qui sembleront simples à des profils expérimentés.

Et c'est précisément ce qui me plaît.

Parce que je crois qu'une carrière ne se construit pas seulement grâce à l'expérience que l'on accumule. Elle se construit aussi grâce à la capacité de rester débutant. Et je préfère l'être volontairement aujourd'hui que d'y être contraint demain.

La seule boussole qui n'a jamais fléchi

Je ne vis pas cette évolution comme une reconversion. J'y vois la suite logique de tout ce que j'ai appris jusqu'ici. Mon passé de développeur prend enfin son sens. Mes années en QA aussi.

Pendant longtemps, je pensais qu'une carrière consistait à devenir toujours meilleur dans la même chose. Aujourd'hui, je crois qu'elle consiste surtout à rester suffisamment curieux pour continuer à apprendre. C'est cette curiosité qui m'a conduit vers le développement. Puis vers la QA. Puis vers ce nouveau chapitre. Et si je regarde les dix dernières années, c'est probablement elle qui a pris les meilleures décisions à ma place.

Si tu as vécu une transition similaire, volontaire ou forcée, réponds à ce mail. Je lis tout.

A dimanche prochain,

Vireak

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