Salut à toi,

Cette semaine, je vais te parler d'une toux qui a duré dix jours. Et de ce qu'elle m'a rappelé sur la différence entre viser la perfection et viser la régularité.

Quatre ans à ajuster mon assiette

Tout a commencé en 2021. J'étais omnivore, et deux choses m'ont fait changer de direction. La première : en regardant du côté des centenaires, la plupart d'entre eux ont une alimentation principalement végétale. La deuxième : j'ai vu des sportifs de très haut niveau, complètement végétaliens, performer au sommet de leur discipline. Deux données qui pointaient dans le même sens, et ça m'a suffi pour me lancer.

En 2021, j'ai commencé à réduire ma consommation de viande, jusqu'à devenir végétarien en 2022. Puis en 2023 et 2024, j'ai franchi un cran de plus : végétalien complet, plus aucun œuf, plus aucun poisson. Et depuis 2025, j'ai repris progressivement, d'abord les œufs, puis le poisson.

Je ne raconte pas ça pour dire "j'avais raison" ou "j'avais tort". Je le raconte parce que deux ans de véganisme strict, suivis d'un retour en arrière progressif, c'est exactement le genre de trajectoire qui peut donner mauvaise conscience si on la regarde avec des lunettes de perfectionniste. Sauf que ce n'est pas comme ça qu'il faut la lire.

Deux soirs, dix jours

Il y a quelques semaines, c'était l'anniversaire d'une amie. J'ai bu deux soirs d'affilée, plusieurs verres à chaque fois. Le premier soir, j'ai peu dormi, non pas à cause de l'alcool en tant que tel, mais parce que je me suis couché tard et levé tôt pour continuer à discuter avec tout le monde. En termes de qualité, j'ai plutôt bien dormi. C'est juste que ça a été court.

Ce qui a suivi m'a plus surpris : une fatigue et une toux sèche qui ont traîné plusieurs jours, jusqu'à dix jours dans les grandes lignes. Est-ce que c'est l'alcool qui a tout déclenché ? Je n'en suis pas certain. J'ai aussi changé trois fois de lieu où dormir en l'espace de quelques jours, et la climatisation n'était pas terrible dans au moins un des endroits. Donc plusieurs facteurs se sont probablement additionnés. Mais rien de grave au final : une grosse toux, et puis c'est reparti.

Ce que j'ai gardé, ce que j'ai changé

Depuis, je continue à boire de temps en temps, ça m'arrive encore. Mais plus deux soirs d'affilée. Ce n'est pas une règle que je me suis fixée noir sur blanc, c'est plutôt un ajustement qui s'est fait tout seul, une fois que j'ai vu ce que ça donnait sur mon corps.

Côté sport, je n'ai pas de programme figé. J'essaie de faire du renforcement musculaire au moins deux fois par semaine, et certaines semaines je monte jusqu'à cinq séances. Pas de durée minimum imposée par séance. Juste une intention : bouger régulièrement, sans en faire un carcan.

La perfection casse à la première exception

Voilà ce que je retiens de tout ça. Si j'avais vécu mes deux années de véganisme strict comme un absolu à ne jamais franchir, la moindre reprise des œufs ou du poisson aurait été vécue comme un échec. Un objet qu'on a cassé et qu'on ne peut plus recoller. Pareil pour les deux soirs d'alcool d'affilée : si ma règle avait été "zéro écart, jamais", la toux de dix jours qui a suivi aurait pu devenir une punition, une preuve que j'avais raté quelque chose.

Mais ce n'est pas comme ça que ça marche, ni pour moi, ni je pense pour la plupart des gens. La perfection, en tant que système, casse à la première exception. Elle n'a pas de marge de manœuvre. Un écart, et il faut soit continuer à mentir sur les règles qu'on s'était fixées, soit tout abandonner d'un coup, en mode "tant pis, j'arrête tout puisque j'ai déjà craqué".

La régularité, elle, survit aux écarts. Elle ne demande pas zéro faute. Elle demande une direction générale, et la capacité à revenir dedans après un imprévu. C'est exactement ce qui s'est passé après l'anniversaire de mon amie : je n'ai pas continué à boire deux soirs d'affilée par la suite, sans que j'aie eu besoin de me fouetter pour ça. Le corps et l'expérience ont fait le boulot tout seuls.

C'est aussi ce qui explique ma trajectoire alimentaire sur quatre ans. Passer d'omnivore à végétarien, puis à végétalien, puis reprendre progressivement les œufs et le poisson, ce n'est pas un échec de mon engagement de 2021. C'est un système qui s'ajuste avec le temps, en fonction de ce que j'apprends sur moi-même, sans avoir besoin qu'aucune étape ne soit "parfaite" pour être valable.

Avant de te laisser, un exercice.

Repense à un moment récent où tu as "craqué" sur quelque chose, une habitude alimentaire, sportive, financière, peu importe. Est-ce que cet écart a entraîné un abandon complet ("tant pis, je laisse tomber"), ou est-ce qu'il a juste été absorbé, sans dégât durable ? Si c'est la deuxième option, tu as peut-être déjà un système plus solide que tu ne le crois.

À dimanche prochain,

Vivi

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P.P.S. Et toi, tu fonctionnes plutôt en mode "perfection" ou en mode "régularité" sur tes habitudes ? Réponds à ce mail, je lis tout.