Salut à toi,

2018.

J'entends parler de Bitcoin pour la première fois. Je n'y comprends rien. Mais j'ai une habitude : aller à contre-courant.

Tout le monde parle de Bitcoin ? J'achète de l'Ethereum à la place, pensant que c'est la même chose mais moins mainstream. 200€. Pile au point haut.

Quelques mois plus tard, le marché s'effondre. Je revends. À perte.

Je retourne à mes actions. PEA* bien rangé, portefeuille diversifié, bonne conscience. Juste avant le COVID, je commence à me diversifier vers les marchés US. Et quand les marchés plongent, quelque chose d'étrange se passe : les entreprises tech s'en sortent mieux que prévu. Je tire ma conclusion, je bascule sur 100% CTO** US. Ça fonctionne.

Mais Bitcoin, je n'y reviens pas. Trop de mauvais souvenirs.

2022.

Un collègue m'en parle à nouveau. Le Bitcoin vient de passer de 66 000$ à moins de 20 000$. Il voit une opportunité. Moi, j'entends, mais je n'écoute pas vraiment.

2023.

Ce que je fais à la place : j'achète un billet de train de nuit, Paris-Vienne. Premier arrêt d'un voyage de 9 mois bas carbone, destination finale Bali.

2024.

Un matin, Bali. Je cours avec un groupe d'expats.

Je rencontre un couple de trentenaires. Leur quotidien : parler de Bitcoin, d'économie, de monnaie. Pas pour s'enrichir, pour comprendre et partager. Gratuitement. Avec les expats, mais aussi avec les locaux indonésiens.

Ce que la monnaie fait en silence.

En 1997-1998, la roupie indonésienne a perdu 85% de sa valeur en quelques mois. Les gens se sont réveillés avec des économies qui valaient cinq fois moins. Leurs projets, leurs rêves, leur épargne : ratatinés. Et il n'y avait rien à faire, personne à appeler.

Puis ils me parlent du franc. En France, ça s'est passé plus doucement, mais c'est la même mécanique. En 1977, une baguette coûtait 1 franc. Aujourd'hui, 1,07€, soit l'équivalent de 7 francs. En 47 ans, multipliée par 7. Le SMIC, lui, a été multiplié par 5 sur la même période. La monnaie s'érode toujours plus vite que les salaires.

Personne n'a décidé ça un matin. C'est juste ce que font les monnaies fiat, partout, tout le temps. Les monnaies fiat, c'est l'euro, le dollar, le thaï baht : des monnaies dont la valeur repose sur la confiance en un État, pas sur un actif tangible.

Le serpent qui se mord la queue.

Les États peuvent imprimer de la monnaie. Créer de l'argent là où il n'y en avait pas. Et quand ils se retrouvent endettés, ils empruntent pour rembourser ce qu'ils ont déjà emprunté.

En France, les intérêts de la dette représentent 62 milliards d'euros en 2025. Le deuxième poste de dépense de l'État, juste derrière l'Éducation nationale. D'ici 2027, ce sera le premier.

"Environ 4 centimes de chaque euro d'impôt servent uniquement à payer les intérêts. Le capital, lui, n'est jamais remboursé : la France emprunte de l'argent frais pour rembourser l'ancien. Le serpent se mord vraiment la queue."

Bitcoin, lui, n'appartient à personne.

"Aucun gouvernement, aucune banque centrale ne peut décider de le dévaluer. Pendant ce temps, nos impôts remboursent les intérêts d'une dette que personne ne rembourse vraiment."

C'est sa nature. Ce jour-là, j'ai eu du mal à trouver une bonne raison de ne pas basculer.

J'ai commencé par y investir. Puis à y épargner. Puis j'ai compris que c'était une façon d'être souverain de mon argent, de ne plus dépendre d'une décision que je ne contrôle pas.

Depuis, je continue à apprendre. J'écoute beaucoup Robin Seyr, qui interviewe des bitcoiners du monde entier. Plus de 700 épisodes, à raison de 5 par semaine. Une conversation par jour pour comprendre Bitcoin sous tous ses angles.

Juin 2026.

Au moment où j'écris ces lignes, le Bitcoin est à 64 000$. Son ATH*** était à 125 000$ en octobre 2025. Soit une baisse de près de 50%. Et pourtant : presque silence radio. Pas de grande une, pas de panique médiatique.

Ce qui se passe en coulisses, en revanche, est bruyant. Des États accumulent. Des entreprises du Fortune 500 en mettent dans leur trésorerie. L'Iran vient d'annoncer que les paiements de pétrole transitant par le détroit d'Hormuz se feront désormais en Bitcoin. Le monde change, en silence.

J'ai publié cette semaine sur LinkedIn pour dire que je considérais cette période comme une opportunité d'entrée. Pas de la chance : une lecture de cycle. Historiquement, l'ATH *** d'un cycle tend à jouer le rôle de zone de support dans le cycle suivant. En 2022, le bas s'est établi autour des $15 500, soit près du sommet de 2017. Si le même schéma se confirme cette fois, la zone des $60 000-$70 000 ferait sens. On est dedans. Ce n'est pas une certitude. C'est une hypothèse que j'observe, pas un conseil financier.

Ce que j'aurais dû écouter plus tôt.

Aujourd'hui, je m'en mords les doigts de ne pas avoir écouté plus tôt. Mon parcours n'est pas un raccourci. Il est fait d'un ETH**** revendu à perte, d'une opportunité ratée en 2022, et d'un matin à courir à Bali pour finalement comprendre.

La bonne décision financière, c'est rarement celle qu'on prend vite. C'est celle qu'on prend après avoir compris pourquoi. Comme pour la santé : ce n'est pas le régime miracle qui change les choses, c'est la compréhension profonde de ce qu'on met dans son corps, et pourquoi.

"La bonne décision financière, c'est rarement celle qu'on prend vite. C'est celle qu'on prend après avoir compris pourquoi."

Et ça, comprendre pourquoi, c'est exactement ce sur quoi j'accompagne les pros de la tech qui me contactent. Si tu te demandes où en est ta propre boussole financière, réponds à ce mail. On en parle.

Vivi

*PEA : Plan d'Épargne en Actions, enveloppe fiscale française pour investir en bourse.
** CTO : Compte-Titres Ordinaire, compte bourse sans plafond ni restriction géographique.
*** ATH : All-Time High, plus haut historique d'un actif.
**** ETH : Ethereum, la deuxième cryptomonnaie par capitalisation.

P.S. Si cette lettre t'a parlé, forward-la à un pote tech qui a du mal à se positionner sur le sujet. Le lien d'inscription : lettre.vivitofu.com/subscribe

P.P.S. Tu veux qu'on regarde ensemble ta situation financière, ta santé ou ton lieu de vie ? Je prends un nouveau client par mois. Réserver un appel découverte (gratuit, 30 min).

P.P.P.S. La semaine prochaine, on change de pilier, mais pas de logique : je te parle de ma transition vers une alimentation quasi végétale. Pourquoi j'ai fait ce choix, et pourquoi je ne serai probablement jamais à 100%.

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