Salut à toi,
En avril 2023, je préviens mon client que j'arrête ma mission dans 2 mois. Je pars voyager. J'en ai besoin.
Le lendemain, une agence m'appelle.
L'offre tient sur 3 lignes :
Mission QA freelance, secteur assurance vie (mon domaine depuis 2017).
450 € TJM (30 € de plus que ma mission actuelle).
Full remote total. Travaille d'où tu veux. Thaïlande, Géorgie, Indonésie, peu importe. Une seule condition : lieu stable, bon internet.
Lis bien la 3ème ligne. C'était le full remote géographique que je cherchais depuis 3 ans.
Pas "remote dans un coworking à Lyon". Remote planète.
Sur le papier, c'est tout ce que je voulais : le job parfait pour un nomade, payé 450 € de mon canapé à Bali ou d'un café à Chiang Mai.
Sauf une case.
La case qui manquait
Si j'accepte, le voyage devient télétravail déguisé.
Lundi matin, Zoom depuis un café de Chiang Mai. Mardi, Zoom depuis un bungalow à Bali. La Jira reste la Jira. L'agenda reste l'agenda. Le corps reste dans la chaise.
Le "nomade" devient un mot qu'on met sur une vie de bureau avec un meilleur fond de décor. Tu bouges ton Macbook, pas ta vie.
Et le pire : c'est le full remote qui rend le piège invisible. Quand tu es au bureau, tu sais que tu veux partir. Quand tu travailles face à une plage, tu te dis que "c'est le rêve" — et tu oublies que tu dors mal, que tu n'as pas bougé depuis 3 jours, que tu checkes Jira le dimanche.
Le trip n'était pas un trip. C'était un déplacement géographique d'un mode de vie que je voulais quitter.
J'ai hésité 48 heures.
Puis j'ai dit non.
Pas au TJM. Au full remote à 450 €. Les deux ensemble. Parce que c'est exactement le package qui m'aurait rendu "presque libre" — et c'est le pire endroit où s'arrêter.
Ce que le "non" a acheté
24 mois sans mission. Exactement : juin 2023 → juin 2025.
Pas 24 mois de vacances : 24 mois à reconstruire comment je vis. La santé. Les finances. L'ancrage. Sans le cadre "freelance qui optimise son TJ."
Je tiens le mandarin à 1h/jour.
J'ai passé 1 mois en école de Kung Fu en Chine.
J'ai traversé 15 pays majoritairement en train et bus (France → Bali sur 9 mois). Galopé à cheval pour la première fois dans les montagnes du Kazakhstan, dormi en yourte. 22h dans un train ouzbek où personne ne parlait anglais et des militaires prenaient nos passeports en photo.
J'ai testé 2 fois 4 mois à Chiang Mai, 5 mois à Bali, et 2 mois à Hoi An (en cours).
J'ai retrouvé mes parents et ma sœur au Cambodge pour 2 semaines de trip famille. Ça, une mission à 450 € ne me l'aurait pas laissé faire.
Je suis serein avec mes finances. Pas optimisé à mort — aligné. Nuance qui change tout.
Aucune de ces choses n'était possible si je gardais la mission à 450.
La leçon, pas le flex
Je ne te raconte pas ça pour dire "regarde, j'ai osé".
Je te raconte ça parce que la plupart des décisions qui comptent ne se jouent pas sur l'offre principale. Elles se jouent sur la case qui manque.
Le TJ, le remote, le secteur : tout était parfait. La case qui manquait — est-ce que ce choix me rapproche ou m'éloigne de la vie que je veux vraiment ? — suffisait à tout invalider.
En coaching, je vois toujours le même schéma :
Mes clients ont tout pour être libres. Sauf qu'ils cochent les cases les plus visibles (revenu, remote, statut) et ignorent la plus discrète : est-ce que mon corps, mon compte et ma géographie tiennent ensemble à horizon 10 ans ?
Quand cette case saute, le reste s'effondre. C'est le trépied que je tisse dans cette lettre : santé, finances, nomadisme. Retire un pied, tout tombe.
Ta case à toi
Regarde ta trajectoire des 12 derniers mois.
Quelle est la case discrète que tu ignores parce que les 3 autres cochent bien ?
Pas besoin de me répondre publiquement. Mais réponds-toi à toi. C'est le travail de cette lettre.
À dimanche prochain.
— Vivi
P.S. — Si cette lettre t'a parlé, forward-la à un·e pote tech qui est en train de cocher les mauvaises cases. Le lien d'inscription : lettre.vivitofu.com/subscribe
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